Origines des tatouages Arabes

En Egypte, la pratique du tatouage remonte très loin dans le temps, les momies tatouées connues dateraient de 2000 av. JC.

Des hypothèses concernant cette pratique sont envisagées tel que des buts esthétiques, magiques ou superstitieux ou encore médicaux, c’est-à-dire préventif ou curatif.
Par exemple, si une femme après avoir perdu un enfant redevient mère, elle fait tatouer sur son enfant un point au milieu du front, et un autre sur la face externe de la cheville gauche. Ces deux points seraient le symbole d’un barrage contre la mort.

Mais, il peut aussi avoir un rôle commémoratif comme chez les « coptes » (chrétiens d’Egypte). Sur le bras de chaque « copte » est tatouée la date du pèlerinage effectué à Jérusalem. De même qu’ils arborent une croix sur la face interne du poignet qui supposerait être un signe distinctif de leur religion en cas d’invasion.

Dans la vallée du Caire, le tatouage revêt essentiellement un but médical. La croix sur le front et l’oiseau tatoué entre les bords externes de l’œil sont un remède pour les maux de tête et la faiblesse d’esprit.
Pour se faire, le tatoueur utilise des aiguilles, le colorant est un mélange de noir de fumée et de lait de femme.

Le tatouage figuratif est également fréquent, son but est toujours plus religieux et superstitieux qu’ornemental. Par exemple, le poisson symbolise la fertilité, la chance, la protection.
En ce qui concerne les signes géométriques (non-figuratifs), le point a un rôle magique, le cercle délimite la partie malade ou à protéger…
Le tatouage en Egypte est surtout pratiqué par les paysans (musulmans ou chrétiens).

Le tatouage en Afrique du Nord existait il y a 3000 ans av. JC. Ces tatouages avaient une valeur rituelle et prophylactique.

Les motifs les plus fréquemment tatoués sont les croissants, les lignes verticales et les losanges, ils étaient disposés essentiellement sur le visage.

Bien que cette pratique soit très ancienne, l’Islam condamne le tatouage (aussi bien ceux qui s’y soumettent que celui qui le fait). Selon le Coran, rien ne doit modifier la création de Dieu sous peine d’être un « allié » de Satan.
“… Je leur commanderai et ils altèreront la création d’Allah…” (Sourate 4 – V 118 à V 121).
De plus, un hadith (tradition relative aux actes et paroles du prophète Mahomet qui fait autorité immédiatement après le Coran) rejète “celle qui met de faux cheveux, celle qui s’en fait mettre, celle qui tatoue et celle qui se fait tatouer”.

Néanmoins, malgré l’interdiction religieuse le tatouage reste très répandu ; le passé et ses coutumes prenant le dessus sur l’interdit. Pour parer à cet interdit, il existe également un tatouage qui se veut éphémère, c’est le tatouage au henné que les femmes se font sur les pieds et les mains.

En Algérie, le tatouage est d’une couleur bleue foncée, et représente des croix, des lignes, des points.
Le tatouage nord-africain n’est pas une marque tribale, mais servait à différencier les classes sociales. En fait, le tatouage est autant décoratif que médical.